Dans l’urgence, la Fondation de France privilégie l’aide aux populations sinistrées par les incendies et affectées par les canicules. Elle soutient des associations qui ont besoin de moyens complémentaires pour mener à bien leurs missions, en particulier celles qui accompagnent les populations les plus isolées et vulnérables (personnes âgées, personnes sans abri, enfants en bas âge) et leur apportent des biens et services essentiels (mise à l’abri, eau-alimentation, soins).
Parmi elles, le Garage moderne, qui distribue des repas pour les sinistrés au Parc des expositions de Bordeaux. Ou encore les Compagnons bâtisseurs, mobilisés dans plusieurs régions pour fournir des « kits fraîcheur » et proposer des solutions pour rafraichir les foyers exposés aux fortes chaleurs (brasseurs d’air, bonnes pratiques).
Les actions de soutien aux acteurs de première ligne (soignants, aidants, pompiers…) sont également au cœur de cette première phase d’intervention.
La quatrième édition du Festival a démarré dans des conditions optimales. Le printemps 2026 a été marqué par une première grande étape : l’écriture des scénarios. C’est un moment à la fois intense et profondément enrichissant pour les résidents et les professionnels des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD).
Rappelons-nous. Tout avait commencé le 5 février 2026, lors de la soirée de lancement qui marquait l’ouverture officielle de l’appel à candidature. Les structures d’hébergement étaient invitées à relever un défi aussi créatif qu’exigeant : réaliser un court-métrage de fiction inspiré d’un chef-d’œuvre du cinéma, avec pour acteurs principaux leurs propres résidents, leurs équipes et leurs familles.
La mobilisation a été au rendez-vous avec le soutien de la Fondation Après-Tout. Après clôture des candidatures le 15 avril dernier, le comité de sélection s’est réuni le 22 avril 2026 pour délibérer.
Au terme des échanges, dix établissements ont été retenus : huit dans la Loire, un en Haute-Loire et un dans le Rhône. En voici la liste :
Loire : Résidence autonomie Quiétude (Le Chambon-Feugerolles) · EHPAD Korian – Villa Janin (Saint-Étienne) · EHPAD Les Petites Sœurs des Pauvres (Saint-Étienne) · EHPAD La Maison d’Annie (Saint-Victor-sur-Loire) · EHPAD La Renaudière (Saint-Chamond) · Le Relais (Saint-Chamond) · Résidence Fauriel EMEIS (Saint-Étienne) · EHPAD Les Jours Heureux (Chazelles-sur-Lyon
Haute-Loire : EHPAD Les Cèdres (Beaux)
Rhône : EHPAD Monts du Lyonnais (Saint-Symphorien-sur-Coise)
Pour cette 4ème édition, chaque établissement s’est inspiré d’un grand film du patrimoine cinématographique pour en proposer une réinterprétation libre et originale : même âme, mais histoire inédite, contexte réinventé, personnages transformés. L’objectif n’est pas de reproduire les films mais bien d’en retrouver l’esprit — avec la créativité, la malice et la chaleur propres à chaque établissement.
Les médias de la région Auvergne-Rhône-Alpes en parlent déjà :
Mercredi 17 juin, la Fondation de France recevait à l’Orangerie d’Auteuil – Paris 16ème – les représentants des 974 fondations abritées dont la Fondation Après-Tout créée en 2008.
De toute la France, ils sont venus nombreux pour participer à la Journée des Fondateurs. Le programme annoncé était en effet passionnant et les participants n’ont pas été déçus, tant par les temps d’échanges entre fondateurs, les temps conviviaux, les ateliers ou les tables rondes
Il faur reconnaître que Mazarine Pingeot aida très pédagogiquement à comprendre combien était importante la réflexion philosophique pour éclairer non seulement l’action philanthropique, mais aussi les temps présents que nous traversons et qui nous inquiétent. En ces années où la confusion domine, elle insista sur la nécessité pour faire société de rechercher le socle commun qui peut nous réunir.
Gilles Gressani, rédacteur en chef de la revue Le Grand Continent, et Brice Teinturier, de l’institut de sondage Ipsos, aidèrent à décrypter l’aujourd’hui d’un monde déstabilisé par de multiples crises géoolitiques et d’une société de plus en plus polarisée. De la place majeure de la Chine dans les échanges internationaux à un Donald Trump qu’il faut voir avant tout comme un animateur de shows télévisés et face à des Français qui ont peur car, dans ce monde fracturé et confus, ils ne savent plus à quoi se fier, il faut réinventer la démocratie dont le fonctionnement actuel ne répond plus aux défis à relever. Aussi Axelle Davezac, directrice générale de la Fondation de France, expliqua pourquoi cette dernière faisait de la démocratie un axe prioritaire de son action. Elle l’avait précédemment évoqué le 1 juin 2026 dans une tribune parue dans Les Echos : « Soutenir les médias, garants de la démocratie : la philanthropie s’engage ».
Dernier écho : fondateur de l’association « Les 42 », Malek Boukerchi, anthropologue, philo-conteur et ludologue en pédagogies alternatives, ultra-marathonien des extrêmes, témoigna avec passion du bien-fondé du sport pour aider des jeunes à se réinsérer à vivre de leur rêve. Ce fut un grand momentd’émotion !
Découvrir l’article du site de la Fondation de France :
Quand danseurs, soignants et résidents d’EHPAD travaillent ensemble…
Le 11 mars dernier a été représenté à Lyon en la chapelle de la Trinité la chorégraphie Miroir Miroirdont la première avait eu lieu en septembre 2025.
Né il y a trois ans, à l’occasion des quarante ans du Groupe ACPPA (Accueil et confort pour personnes âgées) dont le siège social est à Francheville (Rhône), le spectacle Miroir Miroir est le fruit de connexions et de sensibilités partagées entre professionnels du médico-social, acteurs institutionnels et artistes engagés.
La culture s’est en effet imposée comme un vecteur d’expression et de lien social dans les EHPAD. Les ateliers de danse menés depuis de nombreuses années par Momentum et Colégram ont trouvé à travers ce spectacle une occasion de sublimation et d’interpellation.
Cette aventure chorégraphique intergénérationnelle a incarné une vision renouvelée du lien à tisser entre les générations et les personnes et témoigne de la richesse qui naît de cette rencontre rendue possible par le prisme de l’art entre des résidents d’EHPAD du Groupe ACPPA et du Centre communal d’action sociale (CCAS) de la Ville de Lyon, et des artistes, entre des personnes âgées et des jeunes. Elle a bénéficié du soutien de la Fondation Générations Solidaires.
Elle a rassemblé des résidents des EHPADS suivants : Les Amandines, La Colline de la soie, La Rochette et Marius Bertrand.
Pour découvrir ce spectacle qui a rencontré un grand succès et qui sera présenté à Paris en septembre 2026, découvrons-le à travers un article de presse et une série de sujets-vidéos :
Miroir Miroir : une deuxième représentation qui confirme la force d’un projet intergénérationnel
Le métier d’aidant est fait d’attentions à l’autre et d’échanges partagés. A l’occasion des funérailles de Roselyne, le 2 février 2026, Sandrine, aidante, lui a adressé cette lettre…
Roselyne,
J’ai eu la chance de vous connaître et de partager une partie de votre quotidien pendant trois ans. J’ai été votre aidante (mais il y en a eu d’autres aussi !).
Le rôle d’aidant est un rôle dans lequel on donne son temps, sa patience, son énergie. C’est un véritable engagement et on apprend à vivre dans l’intimité de quelqu’un.
Peu à peu, une relation forte et de confiance s’est installée entre nous. Très vite, je me suis rendu compte que je recevais tout autant que ce que je vous donnais.
Chaque aidant peut construire une relation magnifique avec la personne dont il prend soin. Dans tous les domaines, chaque fois que nous avons la possibilité d’aider, c’est un aller-retour dans la bienveillance et dans le don.
Roselyne, vous m’avez beaucoup apportée. Vous étiez curieuse, à l’affût. Vous faisiez des recherches sur votre ordinateur. Vous aimiez les belles choses. Vous vous intéressiez aux autres tout le temps. Vous jouiez au bridge et restiez ouverte sur le monde, toujours souriante. A chaque fois que je venais vous voir, vous me disiez : « Oh, ma chère petite amie ! ».
Quel exemple de le personne que j’aimerais être plus tard !
Merci, Roselyne, pour la relation aidée/aidante que nous avons construite durant ces années. Merci pour nos sourires, nos rires et nos échanges !
Maintenant que vous êtes arrivée là-haut, nous allons garder cette relation, s’il vous plait, mais en inversant les rôles. C’est vous qui serez mon aidante, notre aidante.
Le 24 novembre 2025, le Comité exécutif de la Fondation Après-Tout a accordé à l’unanimité à Madame Lama Basbous le prix de mémoire du Master 2 « Culture et santé – Université Jean Moulin Lyon 3 » portant sur « Ce que manger peut dire – Pratiques, subjectivités et libertés en santé publique ».
Le docteur Lama Basbous est formatrice et consultante « alimentation et santé environnement » depuis 2023. Elle est également directrice générale et fondatrice de RIPAÏ (Réseau Inter Partenarial pour des Alimentations Intelligentes). Depuis 2004, elle est coresponsable du RIS (Réseaux d’Idées sur la Santé) dont le but est de proposer, dans une approche interdisciplinaire en sciences humaines et sociales, un espace de présentation de travaux de recherche, d’échanges et de réflexions pour les jeunes chercheurs et chercheuses des Universités de Lyon et au-delà.
Dans son mémoire, Lama Basbous s’appuie sur les échanges qu’elle a eus avec des patients et des professionnels de santé à l’hôpital Edouard Herriot à Lyon et a constaté que la « liberté » de faire des choix alimentaires est parfois vécue comme une contrainte.
Elle écrit : « Les recommandations de santé publique suscitent des réactions parfois négatives et des débats éthiques autour d’une possible et inquiétante limitation du choix, de la liberté, ou de l’autonomie des sujets. Cette tension est particulièrement visible dans les politiques et les dispositifs visant à influencer les comportements alimentaires à des fins de prévention ou de promotion de la santé, tout en cherchant à préserver l’idée tentante que l’individu doit rester maître de lui-même. Mais en quel(s) sens peut-on parler de liberté alimentaire ? »
D’où ce questionnement sur les arbitrages entre libertés individuelles et santé de la population : sont-ils au cœur des préoccupations éthiques ? Ainsi, la question de l’autonomie renvoie à la possibilité du sujet d’agir rationnellement en accord avec ses désirs. Mais pour qu’un choix soit véritablement autonome, il doit être suffisamment éclairé. Les débats sur l’étiquetage nutritionnel se situent souvent dans ce cadre. L’action de manger interroge les approches éthiques centrées sur la liberté de choix en santé publique. L’alimentation inscrit dans un tissu de relations et un maillage territorial. Il y a un refus de l’anthropocentrisme.
Voilà pourquoi trois points principaux sont à retenir pour Lama Basbous :
Questionner nos schémas de pensée à partir de l’alimentation pour dépasser le dualisme corps/esprit.
Si le corps et l’esprit ne sont pas séparés, la connaissance ne se fait pas à distance.
Repenser la place de l’humain dans le réseau des vivants.
Ce mémoire plaide au fond pour une véritable interdisciplinarité à un moment où même la philosophie tend à se fragmenter (épistémologie, métaphysique, philosophie morale, éthique), alors que tout est profondément intriqué.
Le visuel 2025 de Concertina a été dévoilé en janvier 2025 à La Halle à Dieulefit (Drôme). Il est l’oeuvre du graphiste Alain Baraquie. Il fait écho au thème de l’édition 2025 : Appétits.
Dans Appétits, il y a désir. L’expérience de la privation de liberté est infiniment plus complexe que la représentation que nous en avons. Les lieux d’enfermement recèlent les frustrations les plus grandes et les appétits les plus fous. La captivité qui prive de tout les aiguise. L’altération des sens peut aussi conduire à la perte d’appétit. Ogre ou moineau, chacun le sien.
Ce beau thème d’Appétits se grave comme une médaille, avec son avers et son revers.
Au revers, les enfermements suscitent l’ambition carnassière de formations politiques qui donnent à penser que ce serait La solution. Une façon particulière et cruelle de résoudre le refus du partage des richesses, de trahir les valeurs d’accueil, de juguler les souffrances psychiques, de réprimer la mauvaise graine et d’abimer la justice des enfants.
Bref, de soustraire au monde. Ça commence toujours par forcer le trait sur les prisonniers de droits communs pour finir par réprimer les esprits libres.
Les appétits d’enfermement sont favorables au manche qui cogne, au contrôle des individus, de la mainmise sur leur corps à celle sur leur esprit. Voilà revenu le temps de l’affrontement des appétits.
A l’avers, Concertina donne à rencontrer des personnes au long parcours carcéral ou psychiatrique. Ces personnes témoignent d’un appétit de résilience, de philosophie, de fraternité, d’apprentissage, de bons mets, de partage toujours. Et bien sûr aident à notre compréhension de leur parcours. Après le trébuchement, le désir. Notre différence se situe à cet exact endroit que définit si bien Stig Dagerman :
« Et mon pouvoir est redoutable tant que je puis opposer la force de mes mots à celle du monde, car celui qui construit des prisons s’exprime moins bien que celui qui bâtit la liberté ».
En mai 2025, est paru le programme complet de ces rencontres 2025.
La Fondation Après-Tout est heureuse de soutenir cette édition 2025, reconnaissant ainsi tout le travail accompli tout au long de l’année par l’équipe de Concertina :
Soutenues par la Fondation de France et la Fondation Après-Tout, quatre-vingt personnes venues de toute la France se sont retrouvées à Lyon le mercredi 27 novembre à l’invitation de l’association Possible pour participer à « Coop’Ins », journée de rencontre et d’échange au service de l’inclusion des personnes placées sous main de justice.
Après le mot d’ouverture de Sophie Muracciole, première vice-présidente chargée de l’application des peines au tribunal judiciaire de Lyon, diverses tables-rondes et témoignages ont rythmé la journée sur les thèmes suivants :
La coopération entre l’Administration pénitentiaire et les associations dans la préparation à la sortie
La politique partenariale entre l’Administration pénitentiaire et les structures de l’économie sociale et solidaire
La coopération entre l’institution judiciaire et les associations dans la prévention de la délinquance et de la récidive
Le monde de la recherche au service de l’inclusion professionnelle des personnes détenues.
La Communauté nationale des acteurs Justice/Prison compte aujourd’hui trente-quatre membres. Elle est un lieu dynamique favorisant les échanges d’expériences. Cela est d’autant plus important qu’il y a aujourd’hui une obligation de travailler ensemble au service d’un bien commun. Associations et acteurs de terrain sont au plus près de la réalité du quotidien et font preuve d’un vrai savoir-faire, d’une compétence de plus en plus fine et d’une confiance partagée.
Un exemple parmi d’autres : LES BEAUX METSà Marseille qui témoigne du partenariat entre une petite association dynamique et une grosse institution régalienne. En effet, au sein de la prison desBaumettes, à deux pas de la Calanque de Morgiou, l’ancien quartier des femmes a été transformé pour accueillir un restaurant. La cuisine, ouverte sur une salle de 42 couverts, est un véritable outil de travail pour les personnes détenues, ayant encore moins de deux ans de peine à accomplir, et symbolise cette transition vers l’extérieur. Aux manettes, la Cheffe de cuisine Sandrine Sollier et sa brigade concoctent tous les midis, du lundi au vendredi, des plats de choix préparés avec des produits frais, de saison et locaux.
Un autre exemple est celui d’ART-EXPRIM en milieu carcéral et qui veut favoriser l’expression des personnes détenues pour s’intégrer dans un processus global de réinsertion. Menés par des artistes professionnel.le.s désireux.ses de développer un travail en milieu carcéral, les projets d’art-exprim visent à la fois à répondre au besoin identifié par les services de probations et à nourrir l’échange et la transmission de savoirs entre artistes et personnes placées sous-main de justice. Depuis 2021, l’association a pu proposer aux personnes placées sous-main de justice des ateliers de pratiques artistiques autour de la peinture, du dessin, de la maquette, du modelage. Art-Exprim a également réalisé plusieurs fresques.
Audrey Catalan est infirmière en réanimation polyvalente et soins continus au Groupement hospitalier des Portes de Valence. Elle a reçu le prix de mémoire 2023 de la Fondation Après-Tout pour un travail intitulé : « Le sentiment de responsabilité dans le processus délibératif de limitation ou d’arrêt de(s) thérapeutique(s) chez les infirmier.e.s de réanimation ».
Ce mémoire a été rédigé dans le cadre du Diplôme Inter-Universitaire « Ethique en Santé » Université Lyon 1. L’auteure nous en présente la dynamique.
« Les spécificités de la réanimation et l’interdiction formelle qu’ont les soignants de verser dans l’obstination thérapeutique déraisonnable les conduisent régulièrement à s’interroger sur la légitimité de mettre en œuvre ou de poursuivre certains traitements. En effet, il est parfois nécessaire dans un mouvement d’humanité de savoir ne pas faire ou de suspendre son action.
La responsabilité juridique d’une décision de Limitation ou d’Arrêt de(s) Traitement(s) (LAT) reste médicale mais la réflexion qui la précède doit être menée au cours d’une « procédure collégiale », selon le cadre défini par la loi et les recommandations des sociétés savantes. S’il semble y avoir une réelle volonté de donner une place à l’infirmier dans ce processus, celle-ci reste encore floue.
Parallèlement à cela, nos observations sur le terrain montrent que, malgré les questionnements nombreux sur le bien-fondé des prises en charge et le besoin de leur donner du sens, le temps d’échange que constitue la réunion de procédure collégiale est assez peu investi par les paramédicaux qui semblent avoir du mal à s’y exprimer. Ce constat nous a amené à questionner la place de l’infirmier et son sentiment de responsabilité au sein de ce processus délibératif de limitation ou d’arrêt de(s) thérapeutique(s).
En effet, si être associé à l’application de la prescription de LAT engage indéniablement la responsabilité de l’infirmier, qu’en est-il alors de la délibération qui précède cette prise de décision ? Comment la responsabilité de l’infirmier, à qui la loi ne confère pas de pouvoir décisionnel, est-elle envisagée dans le processus délibératif de limitation ou d’arrêt de(s) traitement(s) en réanimation, et comment cette perception impacte-elle sa participation ?
Ce travail nous a permis de mettre en évidence que le sentiment de responsabilité des professionnels paramédicaux était assez peu lié au pouvoir de décider, mais qu’il était fortement conditionné par le fait d’être entendu, d’avoir une place et une utilité dans la réflexion précédant la prise de décision.
Or, si tous les participants à la réunion collégiale s’accordent sur la réelle plus-value du regard paramédical, sur sa connaissance du patient, de son quotidien, de son vécu des soins et de ses souffrances, cela ne semble pas suffisant à conférer un sentiment de légitimité aux paramédicaux qui discréditent (ou pensent discrédités) leurs arguments au profit d’une argumentation plus scientifique… et donc médicale.
De plus, les infirmiers disent ne pas toujours se sentir entendus et jugent leur parole peu influente, ce qui constitue un frein à leur participation.
Repréciser le rôle et les attentes que l’on a de chacun au sein de ce processus délibératif de LAT permettrait donc sans doute à chaque registre d’arguments de pouvoir co-exister, voire de s’enrichir mutuellement.
Partant d’un questionnement initial sur le sentiment de responsabilité des infirmiers en lien avec les prises de décisions de LAT, ce travail se propose de réfléchir, de façon plus large, aux enjeux de la présence paramédicale au sein de la procédure collégiale ; ainsi qu’à une meilleure définition du rôle et de la place que les paramédicaux doivent y tenir. En effet, si le rôle infirmier est bien pensé dans le cadre de la production d’actes, il l’est beaucoup moins dans le cadre réflexif.
Enfin et surtout, ce travail met en évidence la nécessité d’intégrer les paramédicaux à chaque étape de la réflexion éthique, et à ne pas penser leur place uniquement dans les limites de la réunion de procédure collégiale ».
Chaque année, depuis 2014, la Fondation Après-Tout, après délibération du jury du Diplôme Inter-Universitaire « Éthique en Santé » organisé par l’Espace de Réflexion éthique Auvergne-Rhône-Alpes, décerne un, deux ou trois Prix de mémoire sur les critères suivants : qualité de la recherche éthique, retombées collectives du travail et valorisation du mémoire par un article ou une présentation dans un congrès.
Pour cette année 2020, deux prix ont été décernés.
La lauréate
Hélène Favre est de formation pharmacien et travaille désormais sur les thématiques de qualité et d’évaluation des pratiques à l’Hôpital. Elle a de nombreuses missions au sein des Hospices Civils de Lyon, en particulier celles de la mise en œuvre de l’Evaluation des Pratiques Professionnelles (EPP) et du Développement Professionnel Continu (DPC). Elle coordonne aussi des groupes de travail sur des thématiques comme la fin de vie et les soins palliatifs.
Un travail de recherche éthique
Au terme de son année de formation au Diplôme Inter-Universitaire « Ethique en Santé », elle a reçu, le 10 septembre 2020, le prix de mémoire intitulé : « Comment mettre en place et respecter la procédure collégiale, telle que définie par la loi, pour qu’elle soit une source d’apaisement et non pas une contrainte supplémentaire dans les processus éthiques ». Ont été soulignées la qualité de la recherche éthique et la dimension collective du travail qui a déjà et va bénéficier à l’ensemble des équipes des HCL mettant en œuvre la procédure collégiale, en particulier en cas de décision de limitation ou d’arrêt des traitements en fin de vie. Une présentation de ce travail est prévue.
L’intérêt du travail d’Hélène Favre réside en particulier dans les propositions faites pour améliorer la pratique de la procédure collégiale lorsque les équipes sont confrontées à une situation de fin de vie – même si cette pratique peut être proposée dans d’autres situations.
Un point a été particulièrement évoqué, c’est la place du consultant extérieur dans la délibération, prévue par la loi mais souvent méconnue par l’équipe dans sa qualité de facilitateur de l’éthique de la discussion qui demande de mobiliser les principes de respect de l’autre, d’argumentation et de non jugement.
La nécessité de la formation en éthique de tous les professionnels de santé a également été soulignée.
Résumé du mémoire
La loi du 2 février 2016, créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie, fixe le cadre de réalisation des réunions de procédure collégiale, vis-à-vis des décisions de limitation ou arrêt des traitements de maintien en vie, pour éviter l’obstination déraisonnable.
De façon pratique, le cadre légal décrit les conditions de participation à la réunion mais ne préconise pas, pour les équipes, de « méthode » de mise en œuvre de cette réunion.
Face à l’hétérogénéité de la pratique de cette collégialité sur le terrain, nous avons réalisé une étude qualitative et interrogé six professionnels, des CHU de Lyon et de Saint Etienne, au cours d’entretien semi-dirigés, pour mieux appréhender la manière, dont ils vivent la collégialité au sein de leurs équipes.
Cette étude a mis en lumière que la collégialité s’exerce de façon variable quant à sa composition, sa temporalité et son lieu. Elle ne semble pas vraiment toujours nécessaire, notamment pour une décision médicale pure. Concernant la méthode de délibération, les règles ne sont ni présentées, ni rappelées au début de la réunion. La prise de parole est plutôt dénuée d’asymétrie et de hiérarchie. L’objectif principal de la procédure collégiale étant de respecter la volonté du patient, les éléments relatifs au patient font toujours l’objet de la discussion et sont plutôt rapportés par les paramédicaux.
Différents obstacles à la collégialité émergent de ces entretiens, comme le manque de culture du service de faire appel à un tiers ou le manque de temps pour réaliser ces réunions.
La discussion a ouvert sur les possibles facteurs d’apaisement de mise en œuvre de la collégialité. Parmi eux, on propose la formation des professionnels aux enjeux éthiques, la présence d’un tiers comme garant réel de cette éthique, ou une éventuelle ouverture de la réunion au représentant du patient.