Catégorie : Pénitentiaire

La Fondation Après-Tout à Concertina 2026

Du 26 au 28 juin 2026 s’est tenue à Dieulefit (Drôme) la 6ème édition des rencontres estivales de CONCERTINA sur la thématique des Terres. Ella a rencontré un beau succès.

Venus non seulement de toute la Drôme et de la région Auvergne-Rhône-Alpes mais aussi de toute la France et même de l’étranger, les participants de tous âges et de toutes origines ont pu déambuler sur le le site du parc de la Baume pour admirer expositions photographiques, écouter des conférenciers, participer aux échanges des tables rondes et applaudir musiciens et poètes.

En prélude, s’est tenue la 3ème journée interprofessionnelle « Art, culture et enfermements » sur le thème « Privation & création : entre représentations et expériences » et animée par Réjane Sourisseau. Une vingtaine de professionnels y ont participé, soulignant que « la création permettait de traverser l’enfermement ». L’un des participant parla de ces corps qui s’appropriaient l’espace qui devenait ainsi décor et permettait à l’imaginaire d’enjamber le temps et de dépasser les limites-prison.

En ouverture, Anne Verdier, céramiste, témoigna de son travail avec les personnes détenues dans les prisons de Roanne, Moulins-Yzeure et la Talaudière. Avec beaucoup de simplicité et d’humanité, elle montra combien travailler la terre ensemble changer toutes les personnes, y compris le formateur, et favoriser une évasion des sens et de l ‘imaginaire, permettant ainsi d’entrer dans de nouveaux dialogues les uns avec les autres.

La vie d’enferment en Syrie fut fortement présente dans cette 6ème édition de Concertina, que ce soit avec l’entretien avec Najah Albukaï, artiste peintre détenu à plusieurs reprises entre 2012 et 2014 et devenu graveur de la mémoire, ou la création artistique (chant, musique et danse) donnée à Dieulefit et Bourdeaux par Hebd Alkahwaji, Bader Zakariya et Hassan Abde Alrahman.

Parmi les nombreuses tables-rondes proposées, notons celle sur « Terre-à-terre : qui pour financer la dignité? » où participait Claude Soubeyran de Saint Prix, délégué général de la Fondation Après-Tout.

CONCERTINA 2026 A DIEULEFIT : demandez le programme !

Rendez-vous pour la sixième édition de Concertina, autour d’un thème d’actualité, les 26, 27 et 28 juin 2026.

Concertina, c’est trois jours de rencontres estivales autour des enfermements (prison, rétention administrative, garde-à-vue, hospitalisation psychiatrique sous contrainte…). C’est à cette aventure commune que la Fondation Après-Tout, partenaire de Concertina, vous convie : conférences, projections de films, plateaux radio en direct, installations plastique et photographique, concerts, conférences gesticulées, spectacles de rue, création graphique, ateliers, déambulations guidées, blog, cantina et bal populaire.

Découvrez maintenant l’ensemble du programme de l’édition 2026 :

Demandez le programme en cliquant ici

N’hésitez pas aussi à participer à la Journée interprofessionnelle 2026 « Art Culture Enfermement » qui est le prélude à ces rencontres, les 25 et 26 juin 2026. Pour en savoir plus, lisez l’article publié le 30 avril dernier sur notre site.

29 mai 2026 à Lyon : colloque sur « Faire ensemble et bien-être au travail »

Dans le cadre des Etats Généraux de la bioéthique 2026, la Fondation Après-Tout a organisé un colloque en partenariat avec l’Espace de Réflexion Ethique Auvergne – Rhône-Alpes (EREARA), le Centre National de la Fonction Publique Territoriale (CNFPT) et le Centre de formation OCELLIA santé-social. 300 personnes y ont participé.

Temps de convivialité

Ouverture par les représentants des quatre instances organisatrices

Temps des chercheurs

Echanges avec le public

Première table-ronde sur la pair-aidance professionnelle

Première table-ronde sur la pair-aidance professionnelle

Deuxième table-ronde sur des modèles d’organisation et de management innovants et inspirants pour améliorer la qualité de vie au travail

Troisème table-ronde sur les comités d’éthique

Troisème table-ronde sur les comités d’éthique

Reprise de la journée par les trois chercheurs

Clôture du colloque

Clôture du colloque

Clôture du colloque

Voici le programme complet à télécharger :

Programme du colloque du 29 mai 2026 à Lyon

Voici les captations vidéo des différents moments forts et tables ronde du colloque :

Visualiser les six vidéos en cliquant ici

La surpopulation carcérale : un mal endémique français

Au 1ᵉʳ mars 2026, la densité carcérale globale était de 136,2 %. Elle dépassait 200 % dans vingt-quatre établissements et 150 % dans soixante-dix autres. En un an, les prisons françaises comptent 5 243 détenus de plus. 6.515 détenus dormaient sur des matelas posés au sol.

Les prisons françaises comptaient 87.126 détenus pour seulement 63.353 places opérationnelles. 106.019 personnes sont sous écrou dont 18.893 non détenues. La surpopulation carcérale est un mal endémique français. Mais il ne cesse de grandir sous la pression de l’opinion publique et d’une politique sécuritaire partagée par la plupart des partis politiques. L’incarcération n’est vue que sous l’angle de la punition et oublie de plus en plus que le temps de la détention doit être aussi un temps de préparation à la réinsertion dans la société.

Parmi les personnes incarcérées, 22.891 sont des prévenus, en détention, dans l’attente de leur jugement définitif.

Parmi les 18.893 personnes non détenues, 17.930 font l’objet d’un placement sous bracelet électronique et 963 bénéficient d’un placement extérieur.

Il y a en France 2.983 femmes détenues (pour 4.122 femmes écrouées) et 782 mineurs détenus (sur 862 mineurs écroués) au 1er mars 2026. Le taux d’occupation des places mineurs est de 70,9 %.

La Direction interrégionale des services pénitentiaires de Lyon a 10.905 personnes écrouées dont 8.487 détenus pour 6.049 places opérationnelles et présente une densité carcérale de 140,3 % .

Statistique des établissements et des personnes écrouées au 1er mars 2026 (cliquez)

Tableau des indicateurs-clés au 1er mars 2026 (cliquez)

De nouvelles procédures pour l’attribution des bourses

Lors de son Comité exécutif du 24 septembre 2024, la Fondation Après-Tout a adopté un nouvau règlement pour l’attribution des bourses de formation continue, de reconversion et de perfectionnement au bénéfice des professionnels des secteurs de la santé, du social, du judicaire et du pénitentiaire.

Ce nouveau règlement et les nouveaux formulaires de dossier à déposer sont en ligne depuis le 8 octobre 2025.

Concertina 2025 a mis les festivaliers en appétit !

Du 26 au 29 juin 2025 se sont tenues à Dieulefit (Drôme) les 5èmes Rencontres estivales CONCERTINA autour des enfermements sur le thème« APPETITS » avec une cinquantaine de rendez-vous et une Journée interprofessionnelle art, culture, enfermements Justice-Santé-Social.

Venus non seulement de tout la région de Dieulefit mais aussi de toute la France et même de l’étranger, les Festivaliers ont pu vivre des controverses, écouter des conférences, participer à des grands entretiens, visiter des expositions, débattre à l’issue de passionnantes tables-rondes et se rencontrer pour partager leurs propres expériences.

La conférence inaugurale passionnante sur : « Prendre soin, un horizon politique » fut donnée par Pinar Selek, sociologue franco-turque et présidente de cette 5ème édition de Concertina. Ses travaux sur la diaspora politique kurde lui ont valu une arrestation en 1998 et des interrogatoires menés sous la torture. Elle est toujours sous la menace d’une condamnation à perpétuité en Turquie. Elle enseigne à l’Université Côte d’Azur de Nice.

Beaucoup d’émotion a jailli lors du grand entretien avec Corentin Blanchard, engagé aujourd’hui dans la prévention de la délinquance, de la récidive et des phénomènes de rixes avec son association Rêve2Loup que vous pouvez découvrir à travers deux vidéos et cet écho de l’une de ces interventions en août 2024.

Lors d’une table-ronde intitulée : « Syndicats pénitentiaires : la toute-puissance ? », Philippe Pottier, ancien directeur de l’Ecole nationale de l’administration pénitentiaire (ENAP), Jean-Charles Froment, universitaire, et Alexandre Bouquet, directeur du centre pénitentiaire d’Avignon-le-Pontet et secrétaire national du syndicat national des dirrecteurs pénitentiaires ( SNDP- CFDT), ont partagé leurs expériences et fait apparaître combien il était difficile de faire évoluer les institutions tant pénitentiaires que syndicales dans un monde fracturé et sous la pression des partis politiques, de l’opinion publique et des politiques gouvernementales où le sécuritaire prend une place de plus en plus importante, au détriment des personnes, qu’elles soient agents pénitentiaires ou personnes détenues.

Ces riches débats avaient été précédés d’une Journée interprofessionnelle sur le thème : « Droits culturels et lieux d’enfermement : une utopie ? ». Elle réunissait une trentaine de participants venus de différentes régions et intervenant dans des lieux aussi divers qu’EHPAD, direction de la Protection judiciaire de la jeunesse, SPIP, maison d’arrêt, université, compagnie théâtrale, association, hôpital… Ce temps de partage des pratiques professionnelles permit aux uns et aux autres de grandir dans une attention aux droits des personnes démunies et en situation d’enferment et dans la découverte de pratiques professionnelles innovantes dans un contexte de restriction des budgets.

Cette 5ème édition était soutenue par la Fondation Après-Tout.

Découvrez le visuel et tout le programme des Rencontres 2025 de Concertina

Le visuel 2025 de Concertina a été dévoilé en janvier 2025 à La Halle à Dieulefit (Drôme). Il est l’oeuvre du graphiste Alain Baraquie. Il fait écho au thème de l’édition 2025 : Appétits.

Dans Appétits, il y a désir. L’expérience de la privation de liberté est infiniment plus complexe que la représentation que nous en avons. Les lieux d’enfermement recèlent les frustrations les plus grandes et les appétits les plus fous. La captivité qui prive de tout les aiguise. L’altération des sens peut aussi conduire à la perte d’appétit. Ogre ou moineau, chacun le sien.

Ce beau thème d’Appétits se grave comme une médaille, avec son avers et son revers.

Au revers, les enfermements suscitent l’ambition carnassière de formations politiques qui donnent à penser que ce serait La solution. Une façon particulière et cruelle de résoudre le refus du partage des richesses, de trahir les valeurs d’accueil, de juguler les souffrances psychiques, de réprimer la mauvaise graine et d’abimer la justice des enfants.

Bref, de soustraire au monde. Ça commence toujours par forcer le trait sur les prisonniers de droits communs pour finir par réprimer les esprits libres.

Les appétits d’enfermement sont favorables au manche qui cogne, au contrôle des individus, de la mainmise sur leur corps à celle sur leur esprit. Voilà revenu le temps de l’affrontement des appétits.

A l’avers, Concertina donne à rencontrer des personnes au long parcours carcéral ou psychiatrique. Ces personnes témoignent d’un appétit de résilience, de philosophie, de fraternité, d’apprentissage, de bons mets, de partage toujours. Et bien sûr aident à notre compréhension de leur parcours. Après le trébuchement, le désir. Notre différence se situe à cet exact endroit que définit si bien Stig Dagerman :

« Et mon pouvoir est redoutable tant que je puis opposer la force de mes mots à celle du monde, car celui qui construit des prisons s’exprime moins bien que celui qui bâtit la liberté ».

En mai 2025, est paru le programme complet de ces rencontres 2025.

Découvrez le programme 2025

Cliquez ici

La Fondation Après-Tout est heureuse de soutenir cette édition 2025, reconnaissant ainsi tout le travail accompli tout au long de l’année par l’équipe de Concertina :

Le site de Concertina Rencontres 2025 – Rencontres estivales autour des enfermements

Droits culturels et lieux d’enfermement, une utopie ?

Avec le soutien de la Fondation Après-Tout, Concertina organise les jeudi 26 juin et vendredi 27 juin 2025, à Dieulefit (Drôme), une journée interprofessionnelle « Art, culture, enfermements » à destination des artistes et des acteurs des institutions qui les sollicitent habituellement.

Les droits culturels, inscrits dans la loi depuis une dizaine d’années, bousculent une certaine appréhension de la culture. Et notamment les principes de démocratisation culturelle puis de démocratie culturelle jusque-là mis en œuvre.

Les porteurs de projets, tout en se saississant des droits culturels, ont tâtonné et tâtonnent encore. Construire des projets culturels, esthétiques, voire artistiques avec et pour des participant(e)s que lon découvre et rencontre seulement durant le temps du projet, place haut la barre.

Que dire, comment faire, quand les participant(e)s résident, de surcroît, dans des lieux d’enfermement : établissements pénitentiaires, institutions psychiatriques, établissements pour mineurs et centres éducatifs fermés ou encore EHPAD, hôpitaux… ?

Comment, au sein d’institutions ou d’établissements contraints, entend-on les droits culturels ? Comment les faire émerger ? À quelles conditions un projet peut-il faire valoir et faire vivre les droits culturels de la personne ?

Voilà toute une série de questions auxquelles cette journée interprofessionnelle va essayer d’apporter des éclairages.

Pour connaître le programme et s’inscrire, cliquez ici !

Quand la Fondation se retrouve à la Préfecture de la région Auvergne-Rhône-Alpes…

Le jeudi 19 décembre 2024, s’est déroulée dans le salon Bonnefoy de la Préfecture la cérémonie de remise des diplômes d’université « Religion, liberté religieuse et laïcité » et des certificats « Connaissance de la laïcité ».

Certificats et diplômes sont préparés depuis une dizaine d’année au sein de la Faculté de droit de l’Université Lyon 3 et de la Faculté de Théologie de l’Université catholique de Lyon, en partenariat avec l’Institut français de civilisation musulmane de Lyon. Y participent non seulement des agents des collectivités locales ou de l’administration, mais encore des responsables associatifs, des imams, des prêtres, des aumôniers de prison et d’hôpitaux…

En présence de Mme Emmanuelle Darmon, directrice de cabinet représentant Mme Fabienne Buccio, préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes, préfète du Rhône, étaient rassemblés tous les lauréats de la promotion 2024, accompagnés de leurs familles et de leurs formateurs et enseignants.

Au cours de la cérémonie, Mr Vincent Feroldi, président du Comité exécutif de la Fondation, et Mme Marie-Antoinette Piens, fondatrice, ont remis à Mme Blandine Vrel, aumônier catholique au Centre Hospitalier Lyon-Sud depuis 2021, le prix de mémoire 2024 pour son travail qui portait sur « Soigner et cultiver le partenariat aumôniers-soignants au service de l’accompagnement spirituel de la personne hospitalisée » et qui a déjà été présenté sur le site de la Fondation :

Avec l’association Possible, la Communauté nationale des acteurs Justice/Prison se retrouve à Lyon

Soutenues par la Fondation de France et la Fondation Après-Tout, quatre-vingt personnes venues de toute la France se sont retrouvées à Lyon le mercredi 27 novembre à l’invitation de l’association Possible pour participer à « Coop’Ins », journée de rencontre et d’échange au service de l’inclusion des personnes placées sous main de justice.

Après le mot d’ouverture de Sophie Muracciole, première vice-présidente chargée de l’application des peines au tribunal judiciaire de Lyon, diverses tables-rondes et témoignages ont rythmé la journée sur les thèmes suivants :

  • La coopération entre l’Administration pénitentiaire et les associations dans la préparation à la sortie
  • La politique partenariale entre l’Administration pénitentiaire et les structures de l’économie sociale et solidaire
  • La coopération entre l’institution judiciaire et les associations dans la prévention de la délinquance et de la récidive
  • Le monde de la recherche au service de l’inclusion professionnelle des personnes détenues.

La Communauté nationale des acteurs Justice/Prison compte aujourd’hui trente-quatre membres. Elle est un lieu dynamique favorisant les échanges d’expériences. Cela est d’autant plus important qu’il y a aujourd’hui une obligation de travailler ensemble au service d’un bien commun. Associations et acteurs de terrain sont au plus près de la réalité du quotidien et font preuve d’un vrai savoir-faire, d’une compétence de plus en plus fine et d’une confiance partagée. 

Un exemple parmi d’autres : LES BEAUX METS à Marseille qui témoigne du partenariat entre une petite association dynamique et une grosse institution régalienne. En effet, au sein de la prison des Baumettes, à deux pas de la Calanque de Morgiou, l’ancien quartier des femmes a été transformé pour accueillir un restaurant. La cuisine, ouverte sur une salle de 42 couverts, est un véritable outil de travail pour les personnes détenues, ayant encore moins de deux ans de peine à accomplir, et symbolise cette transition vers l’extérieur. Aux manettes, la Cheffe de cuisine Sandrine Sollier et sa brigade concoctent tous les midis, du lundi au vendredi, des plats de choix préparés avec des produits frais, de saison et locaux.

Un autre exemple est celui d’ART-EXPRIM en milieu carcéral et qui veut favoriser l’expression des personnes détenues pour s’intégrer dans un processus global de réinsertion. Menés par des artistes professionnel.le.s désireux.ses de développer un travail en milieu carcéral, les projets d’art-exprim visent à la fois à répondre au besoin identifié par les services de probations et à nourrir l’échange et la transmission de savoirs entre artistes et personnes placées sous-main de justice. Depuis 2021, l’association a pu proposer aux personnes placées sous-main de justice des ateliers de pratiques artistiques autour de la peinture, du dessin, de la maquette, du modelage. Art-Exprim a également réalisé plusieurs fresques.

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