Auteur/autrice : Fondation abritée Après-Tout

Prix de mémoire 2025 en « Médecine et philosophie »

Le 24 novembre 2025, le Comité exécutif de la Fondation Après-Tout a accordé à l’unanimité à Madame Amélie Weyland le prix de mémoire du Diplôme universitaire « Médecine et philosophie – Université Jean Moulin Lyon 3 » portant sur « De l’apport du concept d’injustice épistémique herméneutique à la relation médecin-patient en médecine gériatrique ».

Amélie Weyland est interne en 3ème année de gériatrie. Elle espère faire de cette discipline le choix de sa spécialité ultérieurement.

Elle présente pour les internautes sa recherche :

« Mon internat de gériatrie m’a amenée à me questionner sur les représentations sociales et médicales que nous nous faisons des patients très âgés que nous prenons en charge.

Sensible à des manifestations d’âgisme à l’hôpital comme en-dehors, je m’interroge sur les répercussions sociales et médicales de ce phénomène chez mes patients. En particulier, je constate que les défis engendrés par les pertes fonctionnelles et parfois l’installation d’une dépendance physique ou psychique tendent à invisibiliser le vécu des patients qui se réfèrent à leurs proches ou à leurs soignants dans leurs prises de décisions. L’évaluation de la légitimité du discours des patients atteints de troubles cognitifs est un défi important d’un point de vue médical, dont la justesse est indispensable pour équilibrer protection des majeurs vulnérables et respect de l’autonomie. Cependant, ce défi d’appréciation de la légitimité du discours des patients âgés dépasse le cadre des déficits cognitifs.

J’ai donc choisi de réaliser un Diplôme universitaire de philosophie en santé pour questionner notre compréhension du vécu des patients très âgés. J’ai exploré le concept d’injustice épistémique forgé en 2007 par Miranda Fricker qui décrit les injustices liées à un manque de crédit accordé au discours d’une personne sur la base de stéréotypes liés à l’identité de la personne qui s’exprime.

Ces injustices peuvent se décliner sur deux modes, parfois associés :

  • des injustices testimoniales, où le témoignage d’une personne est mis de côté du fait des préjugés que l’on entretient à son égard,
  • et des injustices herméneutiques. Celles-ci sont plus diffuses, plus sociétales, et correspondent à un manque global de ressources langagières et conceptuelles, dans une société donnée, pour entendre et prendre en compte le vécu propre d’un groupe de personnes discriminées.

Mon travail de mémoire a consisté à traverser les grands types d’injustices épistémiques herméneutiques retrouvés dans la littérature et à confronter la situation d’âgisme que connait notre pays. J’ai cherché à montrer que l’ensemble des patients très âgés étaient à risque de subir de telles injustices et souligné quelques pistes pour que notre système de santé aille vers davantage de justice épistémique.

Ce premier travail m’a aidée à poser les bases conceptuelles de ma thèse d’exercice en médecine, qui portera sur les injustices épistémiques testimoniales envers les patients très âgés ».

29 mai 2026 : une date à retenir

Dans le cadre des Etats Généraux de la bioéthique 2026, la Fondation Après-Tout organise un grand colloque en partenariat avec l’Espace de Réflexion Ethique Auvergne – Rhône-Alpes (EREARA), le Centre National de la Fonction Publique Territoriale (CNFPT), le Centre de formation OCELLIA santé-social.

Faire ensemble et bien-être au travail

Un enjeu éthique et organisationnel pour les métiers du prendre soin et de l’accompagnement social

Découvrez la Lettre 2025

Rendez-vous annuel pour les amis de la Fondation Après-Tout, la publication de La Lettre 2025 a été faite en octobre dernier.

Editorial du Président du Comité exécutif, présentation des finances 2024, échos du dynamisme de la Fondation tout au long de l’année 2025, vous sont proposés.

Prenez le temps de lire tous les articles dans leur intégralité en cliquant ici : La Lettre n° 13

De nouvelles procédures pour l’attribution des bourses

Lors de son Comité exécutif du 24 septembre 2024, la Fondation Après-Tout a adopté un nouvau règlement pour l’attribution des bourses de formation continue, de reconversion et de perfectionnement au bénéfice des professionnels des secteurs de la santé, du social, du judicaire et du pénitentiaire.

Ce nouveau règlement et les nouveaux formulaires de dossier à déposer sont en ligne depuis le 8 octobre 2025.

Concertina 2025 a mis les festivaliers en appétit !

Du 26 au 29 juin 2025 se sont tenues à Dieulefit (Drôme) les 5èmes Rencontres estivales CONCERTINA autour des enfermements sur le thème« APPETITS » avec une cinquantaine de rendez-vous et une Journée interprofessionnelle art, culture, enfermements Justice-Santé-Social.

Venus non seulement de tout la région de Dieulefit mais aussi de toute la France et même de l’étranger, les Festivaliers ont pu vivre des controverses, écouter des conférences, participer à des grands entretiens, visiter des expositions, débattre à l’issue de passionnantes tables-rondes et se rencontrer pour partager leurs propres expériences.

La conférence inaugurale passionnante sur : « Prendre soin, un horizon politique » fut donnée par Pinar Selek, sociologue franco-turque et présidente de cette 5ème édition de Concertina. Ses travaux sur la diaspora politique kurde lui ont valu une arrestation en 1998 et des interrogatoires menés sous la torture. Elle est toujours sous la menace d’une condamnation à perpétuité en Turquie. Elle enseigne à l’Université Côte d’Azur de Nice.

Beaucoup d’émotion a jailli lors du grand entretien avec Corentin Blanchard, engagé aujourd’hui dans la prévention de la délinquance, de la récidive et des phénomènes de rixes avec son association Rêve2Loup que vous pouvez découvrir à travers deux vidéos et cet écho de l’une de ces interventions en août 2024.

Lors d’une table-ronde intitulée : « Syndicats pénitentiaires : la toute-puissance ? », Philippe Pottier, ancien directeur de l’Ecole nationale de l’administration pénitentiaire (ENAP), Jean-Charles Froment, universitaire, et Alexandre Bouquet, directeur du centre pénitentiaire d’Avignon-le-Pontet et secrétaire national du syndicat national des dirrecteurs pénitentiaires ( SNDP- CFDT), ont partagé leurs expériences et fait apparaître combien il était difficile de faire évoluer les institutions tant pénitentiaires que syndicales dans un monde fracturé et sous la pression des partis politiques, de l’opinion publique et des politiques gouvernementales où le sécuritaire prend une place de plus en plus importante, au détriment des personnes, qu’elles soient agents pénitentiaires ou personnes détenues.

Ces riches débats avaient été précédés d’une Journée interprofessionnelle sur le thème : « Droits culturels et lieux d’enfermement : une utopie ? ». Elle réunissait une trentaine de participants venus de différentes régions et intervenant dans des lieux aussi divers qu’EHPAD, direction de la Protection judiciaire de la jeunesse, SPIP, maison d’arrêt, université, compagnie théâtrale, association, hôpital… Ce temps de partage des pratiques professionnelles permit aux uns et aux autres de grandir dans une attention aux droits des personnes démunies et en situation d’enferment et dans la découverte de pratiques professionnelles innovantes dans un contexte de restriction des budgets.

Cette 5ème édition était soutenue par la Fondation Après-Tout.

Découvrez le visuel et tout le programme des Rencontres 2025 de Concertina

Le visuel 2025 de Concertina a été dévoilé en janvier 2025 à La Halle à Dieulefit (Drôme). Il est l’oeuvre du graphiste Alain Baraquie. Il fait écho au thème de l’édition 2025 : Appétits.

Dans Appétits, il y a désir. L’expérience de la privation de liberté est infiniment plus complexe que la représentation que nous en avons. Les lieux d’enfermement recèlent les frustrations les plus grandes et les appétits les plus fous. La captivité qui prive de tout les aiguise. L’altération des sens peut aussi conduire à la perte d’appétit. Ogre ou moineau, chacun le sien.

Ce beau thème d’Appétits se grave comme une médaille, avec son avers et son revers.

Au revers, les enfermements suscitent l’ambition carnassière de formations politiques qui donnent à penser que ce serait La solution. Une façon particulière et cruelle de résoudre le refus du partage des richesses, de trahir les valeurs d’accueil, de juguler les souffrances psychiques, de réprimer la mauvaise graine et d’abimer la justice des enfants.

Bref, de soustraire au monde. Ça commence toujours par forcer le trait sur les prisonniers de droits communs pour finir par réprimer les esprits libres.

Les appétits d’enfermement sont favorables au manche qui cogne, au contrôle des individus, de la mainmise sur leur corps à celle sur leur esprit. Voilà revenu le temps de l’affrontement des appétits.

A l’avers, Concertina donne à rencontrer des personnes au long parcours carcéral ou psychiatrique. Ces personnes témoignent d’un appétit de résilience, de philosophie, de fraternité, d’apprentissage, de bons mets, de partage toujours. Et bien sûr aident à notre compréhension de leur parcours. Après le trébuchement, le désir. Notre différence se situe à cet exact endroit que définit si bien Stig Dagerman :

« Et mon pouvoir est redoutable tant que je puis opposer la force de mes mots à celle du monde, car celui qui construit des prisons s’exprime moins bien que celui qui bâtit la liberté ».

En mai 2025, est paru le programme complet de ces rencontres 2025.

Découvrez le programme 2025

Cliquez ici

La Fondation Après-Tout est heureuse de soutenir cette édition 2025, reconnaissant ainsi tout le travail accompli tout au long de l’année par l’équipe de Concertina :

Le site de Concertina Rencontres 2025 – Rencontres estivales autour des enfermements

Droits culturels et lieux d’enfermement, une utopie ?

Avec le soutien de la Fondation Après-Tout, Concertina organise les jeudi 26 juin et vendredi 27 juin 2025, à Dieulefit (Drôme), une journée interprofessionnelle « Art, culture, enfermements » à destination des artistes et des acteurs des institutions qui les sollicitent habituellement.

Les droits culturels, inscrits dans la loi depuis une dizaine d’années, bousculent une certaine appréhension de la culture. Et notamment les principes de démocratisation culturelle puis de démocratie culturelle jusque-là mis en œuvre.

Les porteurs de projets, tout en se saississant des droits culturels, ont tâtonné et tâtonnent encore. Construire des projets culturels, esthétiques, voire artistiques avec et pour des participant(e)s que lon découvre et rencontre seulement durant le temps du projet, place haut la barre.

Que dire, comment faire, quand les participant(e)s résident, de surcroît, dans des lieux d’enfermement : établissements pénitentiaires, institutions psychiatriques, établissements pour mineurs et centres éducatifs fermés ou encore EHPAD, hôpitaux… ?

Comment, au sein d’institutions ou d’établissements contraints, entend-on les droits culturels ? Comment les faire émerger ? À quelles conditions un projet peut-il faire valoir et faire vivre les droits culturels de la personne ?

Voilà toute une série de questions auxquelles cette journée interprofessionnelle va essayer d’apporter des éclairages.

Pour connaître le programme et s’inscrire, cliquez ici !

Quand la Fondation se retrouve à la Préfecture de la région Auvergne-Rhône-Alpes…

Le jeudi 19 décembre 2024, s’est déroulée dans le salon Bonnefoy de la Préfecture la cérémonie de remise des diplômes d’université « Religion, liberté religieuse et laïcité » et des certificats « Connaissance de la laïcité ».

Certificats et diplômes sont préparés depuis une dizaine d’année au sein de la Faculté de droit de l’Université Lyon 3 et de la Faculté de Théologie de l’Université catholique de Lyon, en partenariat avec l’Institut français de civilisation musulmane de Lyon. Y participent non seulement des agents des collectivités locales ou de l’administration, mais encore des responsables associatifs, des imams, des prêtres, des aumôniers de prison et d’hôpitaux…

En présence de Mme Emmanuelle Darmon, directrice de cabinet représentant Mme Fabienne Buccio, préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes, préfète du Rhône, étaient rassemblés tous les lauréats de la promotion 2024, accompagnés de leurs familles et de leurs formateurs et enseignants.

Au cours de la cérémonie, Mr Vincent Feroldi, président du Comité exécutif de la Fondation, et Mme Marie-Antoinette Piens, fondatrice, ont remis à Mme Blandine Vrel, aumônier catholique au Centre Hospitalier Lyon-Sud depuis 2021, le prix de mémoire 2024 pour son travail qui portait sur « Soigner et cultiver le partenariat aumôniers-soignants au service de l’accompagnement spirituel de la personne hospitalisée » et qui a déjà été présenté sur le site de la Fondation :

Avec l’association Possible, la Communauté nationale des acteurs Justice/Prison se retrouve à Lyon

Soutenues par la Fondation de France et la Fondation Après-Tout, quatre-vingt personnes venues de toute la France se sont retrouvées à Lyon le mercredi 27 novembre à l’invitation de l’association Possible pour participer à « Coop’Ins », journée de rencontre et d’échange au service de l’inclusion des personnes placées sous main de justice.

Après le mot d’ouverture de Sophie Muracciole, première vice-présidente chargée de l’application des peines au tribunal judiciaire de Lyon, diverses tables-rondes et témoignages ont rythmé la journée sur les thèmes suivants :

  • La coopération entre l’Administration pénitentiaire et les associations dans la préparation à la sortie
  • La politique partenariale entre l’Administration pénitentiaire et les structures de l’économie sociale et solidaire
  • La coopération entre l’institution judiciaire et les associations dans la prévention de la délinquance et de la récidive
  • Le monde de la recherche au service de l’inclusion professionnelle des personnes détenues.

La Communauté nationale des acteurs Justice/Prison compte aujourd’hui trente-quatre membres. Elle est un lieu dynamique favorisant les échanges d’expériences. Cela est d’autant plus important qu’il y a aujourd’hui une obligation de travailler ensemble au service d’un bien commun. Associations et acteurs de terrain sont au plus près de la réalité du quotidien et font preuve d’un vrai savoir-faire, d’une compétence de plus en plus fine et d’une confiance partagée. 

Un exemple parmi d’autres : LES BEAUX METS à Marseille qui témoigne du partenariat entre une petite association dynamique et une grosse institution régalienne. En effet, au sein de la prison des Baumettes, à deux pas de la Calanque de Morgiou, l’ancien quartier des femmes a été transformé pour accueillir un restaurant. La cuisine, ouverte sur une salle de 42 couverts, est un véritable outil de travail pour les personnes détenues, ayant encore moins de deux ans de peine à accomplir, et symbolise cette transition vers l’extérieur. Aux manettes, la Cheffe de cuisine Sandrine Sollier et sa brigade concoctent tous les midis, du lundi au vendredi, des plats de choix préparés avec des produits frais, de saison et locaux.

Un autre exemple est celui d’ART-EXPRIM en milieu carcéral et qui veut favoriser l’expression des personnes détenues pour s’intégrer dans un processus global de réinsertion. Menés par des artistes professionnel.le.s désireux.ses de développer un travail en milieu carcéral, les projets d’art-exprim visent à la fois à répondre au besoin identifié par les services de probations et à nourrir l’échange et la transmission de savoirs entre artistes et personnes placées sous-main de justice. Depuis 2021, l’association a pu proposer aux personnes placées sous-main de justice des ateliers de pratiques artistiques autour de la peinture, du dessin, de la maquette, du modelage. Art-Exprim a également réalisé plusieurs fresques.

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